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Le livre due temps /4/5

 
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Josie



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Féminin Taureau (20avr-20mai) 虎 Tigre

MessagePosté le: Mar 2 Déc - 15:39 (2008)    Sujet du message: Le livre due temps /4/5 Répondre en citant

Un cri aigu éclata dans la maisonnée et une femme jaillit de nulle part. Elle se jeta au cou de son mari et porta ses fines mains à son visage. François remarqua qu'elle évitait de les regarder.
– Moltar ! mon homme, réponds-moi ! Moltar ! Ouvre les yeux !
– Bien joué, Ticky ! s'écria Marie qui s'agenouilla pour ranimer le vieil homme.
Elle lui prit le pouls et sourit.
– Ce n'est rien madame, rassurez-vous. Il s'est seulement évanoui.
La femme soupira et osa enfin regarder la physicienne.
– Merci. Vous savez, il n'a plus mille ans, et il n'est pas habitué à tant d'émotions.
Les joues de Moltar reprirent un peu de couleurs et il ouvrit les yeux.
– Qu'est-ce qu'y a ? balbutia-t-il ? Où sont les chèvres ?...
– Calme toi, mon homme, le rassura sa femme d'une voix infiniment douce. Tu as eu une émotion et tu es tombé, comme la dernière fois avec la météorite, tu te souviens ?
– Oui, oui...
Il se redressa sur son séant et fixa les trois voyageurs d'un air pénétrant.
– Vous devez venir de très loin ?
– De très loin ! lui confirma François en souriant. Nous sommes partis depuis plus de sept cents ans...
– Sept cent ans ?... s'écria le vieil homme. Vous ne les faites pas du tout !
Les trois spationautes rirent de concert, ce qui laissa leur interlocuteur perplexe.
– Ne vous méprenez pas, nous avons passé la majeure partie du voyage en hibernation, dit Marie.
– En hibernation ?... Comme des marmottes vous voulez dire ?
– Si on veut.
– Bon ! (il se releva). Marie, va sortir la citronnade, ces voyageurs doivent avoir le gosier sec.
Ils prirent tous place autour d'une épaisse table de chêne et savour챔rent cet instant irréel. Les murs de bois étaient tapissés de bibliothèques branlantes couvertes de livres aux tranches jaunâtres.
Marie apporta un plateau garni de rafraîchissements et prit place à la table. Moltar se mit à poser des questions. Des centaines de questions.
 

Dans le vaisseau, Zeus ne perdit pas son temps. Une fois la révision terminée, il rangea les casseroles de Ticky dans les placards avant de terminer par un brin de ménage. Fatigué, il se glissa sous sa petite couette en coton et s'endormit rapidement en rêvant aux lianes de son enfance. Dehors, la nuit tomba brusquement.
 

Moltar resservit ses convives et alla chercher une pipe en terre, qu'il alluma à l'aide d'une pierre à feu.
– Donc, vous affirmez que tout ceci est écrit dans... dans cette Bible sacrée ?
– Oui, confirma Marie. Tout se trouve dans l'Ancien et le Nouveau Testament.
Le vieil homme tira quelques bouffées et toussa.
– Cela fait soixante ans qu'il dit qu'il va arrêter, se plaignit Marie.
Perdu dans ses rèflexions, Moltar ne sembla pas entendre la remarque.
– Où voulez-vous donc en venir ? demanda François.
Le vieil homme fixa le pilote et soudain son visage s'éclaira. Il bondit vers sa bibliothèque et se mit à chercher un ouvrage.
– Où est-il ? sacré non de non ? Ah ! Cette manie de ne jamais ranger !...
De la poussière ocre voleta dans la pièce au fur et à mesure qu'il remuait les vieux registres et soudain, il poussa un cri de satisfaction.
– Le voilà ! Pas un récent !
Il tira un gros livre de la bibliothèque et reprit place sur sa chaise de bois noueux. Ses joues rondes sans rides se mirent à rougir. Il retourna l'ouvrage et le brandit devant les trois français.
– Tout est là ! dit-il en pointant de l'index le texte calligraphié sur les épaisses pages jaunies.
– Comment ça tout est là ? dit Marie qui ne comprenait pas.
– Mais tout, voyons ! Votre histoire ! Vous ne comprenez donc pas ?
Marie jeta un regard stupéfait à François. Ticky vida son verre de jus de citron et regretta de ne pas avoir apporté une bonne bouteille de rouge.
Impatient, Moltar ouvrit une page au hasard et lut :
– Tenez ! Chapitre 12, verset 4 : l'Âge des grandes demeures : les souverains et les seigneurs de l'époque se feront construire d'immenses demeures fortifiées, avec de grandes tours percées de meurtrières, protégés de l'envahisseur par des remparts et des fossés garnis de pics acérés ! Ça vous dit quelque chose ?
Marie opina lentement du chef, le teint pâle. Moltar tourna les pages à toute vitesse. Chapitre 15, verset 68 : l’Arme absolue : les hommes utiliseront la fission de l'uranium – quel mot étrange, je devais être inspiré ! comme source d'énergie. Ils mettront ainsi au point la plus terrible de toutes les armes : l’Arme absolue. Ils n'en feront usage que deux fois, avant de se rendre compte que son utilisation entraînait trop de risques...
– Assez ! s'écria Marie plus durement qu'elle ne l'avait voulu. C'est bon. Votre livre raconte tout ce qui s'est passé dans notre planète, nous sommes d'accord.
– C'est pas croyable... minauda François d'une voix peu assurée.
– Quand avez-vous écrit ce bouquin ? demanda Marie.
– Oh ! attendez (il tourna les pages et revint au début du livre). C'était il y a environ 10 milliards d'années.
– Mais quel âge avez-vous donc ? s'écria Ticky.
Moltar le fixa sans comprendre.
– Quel âge ?... mais je n'ai pas d'âge mon bon ami !
– Pas d'âge ?...
Le vieil homme tira furieusement sur sa pipe et se redressa brusquement. Sa chaise bascula et heurta le plancher poussiéreux.
– Evidemment, serais-je idiot ! Vous êtes mortels ! C'est ça ? Comment ai-je pu l'oublier !  Après tout, c'est moi qui vous ai crée, non ?
Les trois spationautes gardérent le silence. C'était trop énorme. Ils avaient fait tout ce chemin pour découvrir que leur existence n'était que le fruit de l'imagination d'un vieil homme échoué sur une planète perdue au milieu de rien. Ils allaient se réveiller, ils étaient peut-être même sùrement encore en hibernation.
– Vous êtes étonnés, mais sachez que je le suis aussi ! Tous ces livres que vous voyez là ne sont que des créations personnelles. Si une de mes histoires a pu dans une autre galaxie créer votre monde, et ce que vous êtes, alors il doit exister des milliers de mondes comportant mes créations !
Il s'emportait et commençait à délirer.
Marie évalua mathématiquement toutes les questions qu'elle devait lui poser et soudain l'éclair de la raison jaillit.
– Vous n'aviez pas prévu notre arrivée.
Moltar tiqua et son visage perdit un peu de sa bonhomie.
– Vous insinuez que...
Il saisit l'ouvrage et chercha le sommaire d'un doigt impatient.
– Chapitre 25, 27, 30... ah ! Chapitre trente-quatre : La découverte du créateur !
Il dressa le livre au-dessus de sa tête avec fierté.
– Si ! Messieurs-dames ! Je l'avais bel et bien écrit. Pardonnez ma mémoire, elle commence à me jouer des tours, avec les milliers d'histoires que j'ai écrites...
Marie se leva brusquement, l'air alarmé.
– Dans votre livre, Dieu, c'est vous si j'ai bien compris ?
– En effet, c'est le nom que je me donne dans mes écrits et...
– Est-ce le seul personnage "réel" dont vous vous êtes inspiré ?...
– ... et bien je...
Marie blêmit. Elle avait compris.
– Dans votre livre, après notre arrivée, qu'est-ce qui se passe ?
Les traits de Moltar se figèrent. Il bégaya quelques mots indistincts et devint rouge.
Le sang de la physicienne ne fit qu'un tour.
– Qui habite la maison sur l'autre point de jonction des deux canaux qui traversent votre planète ? demanda-t-elle précipitamment.
– L'autre maison... le... hésita le vieil homme, gêné. C'est que...
Soudain, un vrombissement titanesque éclata et fit trembler la maison de bois.
– LE VAISSEAU ! s'égosilla François !
– Sacré nom de Dieu ! cria Ticky en bondissant de sa chaise.
Ils sortirent en courant et d'écouvrirent avec horreur leur aéronef qui filait tout droit dans le ciel. Marie poussa un cri d'angoisse.
– Zeus ! s'écria Ticky. Mon petit !...
Derrière eux, Moltar s'avança lentement, les yeux rivés sur le ciel.
– Ils sont partis avec votre appareil. Je l'avais écrit.
 

L'ordinateur de bord réveilla Zeus.
Intrus à bord – Procédure de décollage non réglementaire –  Intrus à bord... répètait avec alarme la voix artificielle.
Tétanisé de peur, le chimpanzé sortit le nez de sous sa chaude couette et aperçut un être étrange, qui n'était ni Ticky, ni François, ni Marie. Il étouffa un petit cri de terreur et s'emmitoufla sous ses oreillers.
 

FIN 



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MessagePosté le: Mar 2 Déc - 15:39 (2008)    Sujet du message: Publicité

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