Index du Forum

 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Le commencement du monde

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet     Index du Forum >>> contes, légendes, poésie ..... >>> Contes et légendes
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
farandole



Hors ligne

Inscrit le: 27 Oct 2008
Messages: 2 647
Féminin

MessagePosté le: Sam 6 Juin - 21:16 (2009)    Sujet du message: Le commencement du monde Répondre en citant


 
Le commencement du Monde  
 
Lorsque le Grand-Esprit décida de mettre les hommes sur la Terre, il créa en premier les Indiens Mandan, Afin qu'ils n'aient pas froid à la Lune-de-la-Saison-Triste, et pas trop chaud durant la Lune-des-Oiseaux-qui-Volent-vers-le-Sud, il les plaça dans une caverne sous l'écorce terrestre.Au centre de la grotte, une plante se mit à pousser dès le premier jour. Après plusieurs saisons, elle était si haute qu'elle touchait presque le plafond de la grande voûte.
Regarde-la-Lune était un jeune Brave de la tribu. On lui avait donné ce nom parce qu'il regardait constamment la plante pousser. Le nez en l'air du matin au soir, il ne faisait rien d'autre car il ne pouvait en détacher ses yeux. Pendant cent ans, il contempla le végétal à mesure qu'il s'élevait. La mère de ce jeune homme se nommait Feuille-sèche. Elle était devenue la risée de toute la tribu. Chacun lui disait, toutes les fois qu'il la rencontrait : « vois ton fils, vieille femme. Il est juste bon à fixer la plante au cours des ans. Ne sait-il pas chasser ou jouer aux osselets ? »

Mais Feuille-Sèche se moquait des sarcasmes. Un ver caché dans son foie lui disait que dans l'avenir, Regarde-la-Lune deviendrait un grand homme.
Lorsque la plante atteignit le plafond de la grotte, elle y fit un trou. Et comme elle montait encore par l'orifice, Regarde-la-Lune se demanda où elle pouvait bien aller. Un soir, il réunit ses amis et déclara :
•  J'ai dans l'idée que cette plante nous montre le chemin que nous devrions suivre. Je vais l'escalader pour m'en assurer. Que ceux qui le veulent m'accompagnent !
Une dizaine de Mandan dirent qu'ils voulaient être du voyage. Il y avait parmi eux un nombre égal de jeunes gens et de jeunes filles.
•  C'est très bien ! s'écria Regarde-la-Lune. Vous êtes tous très courageux. Constituez des réserves alimentaires. La route sera longue et certainement semée d'embûches. Prenez aussi vos arcs, vos lances et vos boucliers.
O-Kee-Hee-De, la première femme du sorcier, vivait encore à cette époque. Un génie malfaisant l'habitait. C'est pour cela que, dans la tribu, tous l'appelaient Mauvais-Esprit. Quand l'expédition fut prête à partir, Mauvais-Esprit alla trouver Regarde-la-Lune et lui dit :
•  Emmène-moi. Je veux tenter l'aventure avec vous.
Le jeune Brave ne pu retenir son rire.
•  Es-tu folle, Mauvais-Esprit ? tu es bien trop grosse, la plante ne supporterait pas ton poids. Regarde, la graisse de tes mollets tombe sur tes pieds et ton ventre fait trois fois le tour de ta ceinture. Seuls les plus agiles réussiront à gagner le sommet.
Mauvais-Esprit fit celle qui n'avait pas entendu, mais elle jura bien qu'elle se vengerait.
Le matin du départ, les parents des jeunes gens vinrent les encourager. Feuille-Sèche dit à son fils :
•  Si tu as besoin de quelque chose en route, appelle-moi. Je resterai au pied de la plante jusqu'à ce que tu redescendes.
Le jeune Brave remercia sa mère et partit avec ses amis. Ils montèrent durant quatre saisons. Chaque soir, Regarde-la-Lune jetait un regard derrière lui et contemplait la petite tache que faisait sa mère au pied de l'arbre. C'est ainsi qu'il calculait la distance parcourue dans la journée.
Or un soir, Regarde-la-Lune ne vit plus rien. Il dit à ses amis :
•  Ma mère est trop loin, elle ne pourra plus nous aider en cas de besoin. Nous devrons maintenant puiser notre courage en nous-mêmes.
La progression était harassante. La plante était un épineux et ses dards écorchaient les mains. Plus les jeunes Mandan s'élevaient, plus le feuillage s'épaississait et plus la montée devenait pénible. Un matin, le tronc de la plante apparut aussi lisse que la hampe d'une lance. Un Mandan se lamenta :
•  Nous allons glisser sur ce bois dépourvu d'aspérités. Nous ne pourrons jamais atteindre les hautes branches.
C'est alors que Regarde-la-Lune aperçut une fourmi. Il l'interpella :
•  Salut à toi, sœur fourmi ! Dis-nous un peu, comment fais-tu pour gambader sur ce tronc sans tomber ?
L'insecte sourit malicieusement.
•  C'est que j'ai des crochets aux pattes, vois-tu. Ils me permettent de m'agripper à la fibre de bois.
•  Nous les Mandans, nous n'en avons pas, déclara Regarde-la-Lune. Accepterais-tu de nous les prêter pour passer cet endroit difficile ?
•  Ce serait avec plaisir, mais hélas cela est impossible. Je dois les avoir constamment sur moi afin de fuir les attaques des abeilles. Ces vilaines me pourchassent dès qu'elles me voient et je ne dois la vie qu'à ces crochets.
•  Je vais arranger cela ! assure Regarde-la-Lune. Indique-moi où habitent ces abeilles, je vais leur faire voir qui je suis.
La fourmi désigna une touffe de feuille avec son antenne :
•  La ruche est là, calée au creux d'une fourche.
Regarde-la-Lune demanda à ses amis de l'attendre et courut jusqu'au lieu désigné. Là, il frappa la ruche du poing en criant :
•  Ohé ! N'y a-t-il personne dans cette cabane ?
Une abeille guerrière sortit et s'enquit :
•  Que désires-tu, étranger ? Veux-tu bien cesser de secouer notre maison !
•  Je veux parler à votre reine ! répliqua Regarde-la-Lune. Va la chercher, je suis pressé !
•  Elle dort.
•  Alors, réveille-la ! s'exclama le jeune Brave. Dis-lui que j'ai à l'entretenir d'une affaire urgente
Réveillée en sursaut, la reine sortit à son tour. Elle interrogea l'abeille guerrière :
•  Qui fait tout ce tapage ? Est-ce cet homme qui est la cause de ce désagrément ?
•  Oui, c'est moi ! déclara Regarde-la-Lune. J'apprends que tu tracasses mon amie la fourmi. Je suis venu te dire de la laisser tranquille.
•  Sais-tu que nous pourrions te piquer et te faire très mal ? menaça la reine des abeilles.
Regarde-la-Lune partit à rire :
•  Vous ne pouvez rien contre moi, j'ai mon bouclier ! Tu vas faire le serment de ne plus attaquer la fourmi. Sinon, je coupe cette branche avec ma lance et ta ruche tombera dans le vide.
La reine réfléchit le temps de fumer une pipe, et dit :
•  C'est bon. J'accepte de faire la paix avec ta protégée. Fais-lui savoir que nous allons organiser une grande fête pour célébrer la fin des hostilités.
La fête eut lieu le soir même. Les mets furent abondants et variés. Les jeunes Mandan en profitèrent pour reprendre des forces. L'abeille et la fourmi échangèrent des présents et devinrent amies. Après la cérémonie du calumet, la fourmi prêta ses crochets à Regarde-la-Lune. Celui-ci les fixa à ses mocassins et dit à ses amis :
•  Montez sur mes épaules. Je vais vous faire franchir le passage difficile.
Ainsi fut fait car Regarde-la-Lune était très robuste.
Parvenu aux hautes branches, le jeune Brave confia les crochets à un corbeau pour qu'ils les rendent à la fourmi. Et la montée continua.
Quand les Indiens arrivèrent à l'endroit où la plante perçait le plafond de la grotte, une jeune fille se lamenta :
•  Nous sommes au sommet de la caverne, nous ne pourrons jamais aller plus loin.
Regarde-la-Lune inspecta les lieux et déclara :
•  J'aperçois un léger espace entre la roche et l'écorce de la plante. Nous allons nous y introduire et continuer notre escalade.
Ils cheminèrent encore péniblement pendant trois lunes. L'espace dans lequel ils se glissèrent était très étroit et la paroi rocheuse leur arrachait la peau du dos. Enfin, au début de la quatrième lune, ils arrivèrent à l'air libre. Sur la surface de la Terre un spectacle grandiose les attendait. Il était fait de hautes montagnes de granite, de larges vallées au milieu desquelles serpentaient des fleuves aux reflets d'argent. Lorsque les yeux extasiés des Mandan se furent rassasiés du panorama, Regarde-la-Lune remarqua :
•  C'est un très beau paysage, mais l'endroit est invivable. Nulle part il n'y a trace de végétation
La jeune fille recommença à se lamenter :
•  Nous allons mourir de faim. Comment y aurait-il des bisons dans cette contrée puisqu'il n'y a pas d'herbe ?
Déçu, lui aussi, Regarde-la-Lune décida :
•  Nous allons nous reposer et nous redescendrons vers notre tribu.
À ce moment précis, au centre de la Terre, Mauvais-Esprit n'avait pas renoncé à suivre la petite troupe. Elle agrippa une branche basse de la plante et commença l'escalade. Mais Mauvais-Esprit était si grasse et si lourde que le bois craquait à chacun de ses mouvements. Plus elle montait et plus la plante pliait en faisant entendre des bruits sinistres. À mi-chemin, la plante se rompit brusquement sous le poids de la grosse femme. Mauvais-Esprit dégringola. Elle ne mourrut pas de sa chute mais elle se fit une grosse bosse au front.
Le Chef de la tribu fut très fâché car aucun Mandan ne pouvait plus rejoindre les jeunes aventureux à la surface du monde. De son côté, Regarde-la-Lune avait le souci contraire, il s'écria :
•  Maudite soit cette grosse femme ! Maintenant qu'elle a cassé la plante il nous est impossible de redescendre vers nos familles.
La jeune fille se lamenta une nouvelle fois :
•  Ici nous ne pouvons cueillir aucune baie. Je ne vois nulle part de fraises sauvages. Il n'y a pas d'arbres fruitiers. Nous allons mourir de faim.
•  Tais-toi ! ordonna Regarde-la-Lune. Après tout, ceux d'en bas peuvent peut-être nous aider.
Il se pencha au-dessus du trou et appela :
•  Ohé, ma mère ! M'entendez-vous ?
Feuille-Sèche était toujours au pied de la plante. Elle reconnut la voix de son fils et cria à pleins poumons en direction de la voûte :
•  Je suis ici, Regarde-la-Lune ! Que veux-tu ?
•  La plante a disparu. Nous ne pouvons plus vous rejoindre.
•  Dans ce cas, il ne vous reste plus qu'à vivre là-haut.
•  C'est impossible, ma mère. Il n'y a aucune végétation sur ce sol.
•  Patientez ! répliqua Feuille-Sèche. L'herbe finira bien par sortir de terre un jour ou l'autre, je vois des racines qui pendent jusque dans notre grotte.
Le jeune Brave se tourna vers ses compagnons :
•  Aidez-moi, vous autres. Appelez vos mères. Il est impossible qu'elles ne fassent pas quelque chose pour nous.
Les jeunes Mandan se placèrent alors autour du trou et crièrent tous ensemble :
•  Aidez-nous, nos mères ! Ayez pitié de nous ! Sans vous nous ne sommes rien !
Ces cris furent entendus par toutes les mères de la caverne. Émues, elles se réunirent autour de Feuille-Sèche. Celle-ci leur dit :
•  Seule je ne pouvait rien faire, mais à nous toutes, nous allons sauver nos enfants. Que chacune de vous prenne l'extrémité d'une racine dans sa bouche et souffle dedans très fort.
Et les mères soufflèrent toutes ensemble pour faire monter la sève.
Le résultat ne se fit pas attendre. Sous les yeux émerveillés de Regarde-la-Lune et des ses amis, de petites pousses crevèrent la surface de la terre. Devant cette réussite, les jeunes Mandan crièrent de plus belle par le trou :
•  Soufflez encore, nos mères! Les plaines verdissent et des arbres sortent du sol. Soufflez plus fort, nos mères, nous apercevons déjà les bourgeons !
Dans la caverne d'en bas les femmes mandan soufflèrent tellement dans les racines que le monde se para d'herbe, de fleurs, d'arbres et de buissons. Des oiseaux bâtirent aussitôt leur nid dans les ramures et une grande quantité de bisons vinrent brouter dans la grande plaine. Le vent inventa une chanson en agitant les feuilles des arbres. Charmé de l'entendre, Regarde-la-Lune décida de bâtir un village sous les branches d'un érable gigantesque. Le jeune Brave devint le chef de cette nouvelle tribu et fut très honoré par tous les Mandan.
Aujourd'hui encore, un trou s'enfonce profondément dans le sol au centre de la grande place de ce village. Chaque année, à la fin de la Lune-de-la-Saison-Triste, un jeune se pense au-dessus de la cavité et crie :
•  Aide-moi, ma mère ! Communique ton souffle à la terre !
Aucune voix ne lui répond. Mais les jours suivants les plaines verdissent et la nature est en fête.
Voilà pourquoi, de nos jours, les Mandan disent « Notre Mère » en parlant de la terre.

Texte rédigé par Ka-Be-Mub-Be

L'amitié double les joies et réduit de moitié les peines.

this.previousSibling.style.display = 'none';" />


Revenir en haut
Publicité







MessagePosté le: Sam 6 Juin - 21:16 (2009)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet     Index du Forum >>> contes, légendes, poésie ..... >>> Contes et légendes Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Thème réalisé par SGo